La déclinaison
Introduction
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Toute communication riche en contenu, en information, en nuances, pour passer correctement d'un interlocuteur à l'autre, s'appuie, doit pouvoir s'appuyer, non seulement sur un vocabulaire riche, varié, nuancé, mais encore sur un certain nombre de conventions, de règles bien codifiées, connues et acceptées par les deux interlocuteurs.
Certaines de ces règles concernent la place des mots dans l'architecture de la phrase en tant qu'entité informative logique, d'autres s'appliquent aux mots eux-mêmes dont il peut être utile, voire nécessaire de connaître la nature, le genre et la fonction dans la phrase.
Et de fait, certains mots: noms communs, noms propres, articles, adjectifs, pronoms portent des marques distinctives permettant de donner à la phrase un sens cohérent et, autant que possible, sans équivoque.
Ceci n'est spécifique à la langue allemande. On retrouve aussi ce procédé dans la langue française:
Le père embrasse sa fille.
La fille embrasse son père.
On voit bien que l'adjectif possessif n'a pas la même terminaison: sa fille - son père.
L'ami de la fille plaît au père, à la mère et aux grands-parents.
On voit bien, là aussi, des différences: au père - à la mère - aux grands-parents.
La langue française distingue les noms masculins singuliers ou pluriels des noms féminins singuliers ou pluriels, différencie les articles ou pronoms personnels selon qu'ils sont masculins, féminins, pluriels, sujet ou complément, parle de règles d'accord pour l'adjectif...
Cette opération de marquage dûment codifié des mots s'appelle en allemand la déclinaison. Elle est plus systématique, plus générale que dans la langue française, mais pas nécessairement plus difficile dès l'instant qu'on a bien dans la tête au départ deux ou trois grilles ou tableaux auxquels l'esprit une fois bien entraîné ne se réfère plus, le parler devenant pour lui opération automatique.
Les éléments suivants interviennent dans la déclinaison:
- les trois genres:masculin, féminin, neutre et le pluriel qui ne différencie pas les genres
- quatre fonctions: sujet, complément de nom, complément d'objet direct et indirect
Ces quatre fonctions avec le jeu de marques correspondant s'appellent des cas, les marques s'appellent des désinences. Appliquer un jeu de marques ou de désinences à un mot revient à le décliner.
Pour simplifier, on a donné un nom à chaque jeu de marques ou cas. Ces noms viennent de la grammaire latine - les latinistes sont donc à cet égard sur un terrain plus familier:
Le latin, mais surtout le russe, connaissent davantage de cas que l'allemand, et on n'en meurt pas.
8.11.99 - 28.5.2002